Campagne Décoration > Reportages > Ville > Un goût d'enfance

Un goût d'enfance

Dans un quartier historique d’Aix-en-Provence, une épicerie à l’ancienne regorge d’articles des années trente. entrez donc… C’est chez Luc, et vous n’êtes pas au bout vos surprises.

ZOOM

Le charme d’une maison de village en plein centre ville. Dans le jardin odorant, une fontaine fait retentir son doux murmure : un vrai bonheur !

Joyeux fouillis bien ordonné. Des objets aux couleurs riantes qui incarnent la fraîcheur naïve d’une époque révolue.

Une petite promenade ? Le lavoir d’origine préserve l’authenticité du lieu. Sur le rebord, des petits pots de fleurs attendent d’être plantés.

Dans le prolongement de la salle à manger, le coin salon, habité par les sympathiques personnages de Pagnol sur les affiches de films de Dubout.

Beauté rétro. Dans cette salle de bains, Luc souhaitait retrouver la sobriété d’antan : broc en tôle, porte-savon sur pied, serviettes blanches…Au sol, des carreaux de ciment début XIXe siècle.

Un lit romantique avec ses deux médaillons peints.

Un décor ensoleillé où des persiennes font office de tête de lit.

    En plein coeur de la ville d'Aix-en-Provence, les passants, curieux, s’arrêtent devant une vitrine d’un autre temps, encadrée de vieilles portes en bois peintes en noir. Avec une furieuse envie d’entrer. Bienvenue à «L’épicerie», le curieux domaine de Luc, ancien marionnettiste de profession. Il y a quatre ans, en quête de changement, Luc prend conscience tout à coup du potentiel magnifique que représente la salle où ont lieu les répétition de ses spectacles de marionnettes. Celles-ci se déroulent au rez-de-chaussée d’une maison du XVIIIe siècle, construite sur un ancien couvent et située dans le quartier historique des Thermes et des Cordeliers. Le projet de créer des chambres d'hôtes se dessine alors clairement dans l’esprit de Luc.

    L'architecte des bâtiments de France, auprès duquel il prend conseil, lui suggère une idée originale : recréer une vieille vitrine de magasin à la place de l'ouverture de garage, afin de donner de la clarté au rez-de-chaussée. Enthousiaste, Luc sait déjà ce qu’il va faire : camper l’atmosphère d’une ancienne épicerie. Quant à l’époque, il n’hésite pas un instant : ce sera celle des années cinquante, ses préférées. Il fait appel à une architecte, Véronique Salée, dont la mission consiste à repenser aussi, dans la foulée, tous les étages de la maison. C’est le début d’un gros chantier et d’une belle aventure. L'ancien garage se transforme en une vaste pièce à vivre avec cuisine, salle à manger et salon. Le sol en béton est remplacé par un parquet en pin couleur miel, à l'exception de la cuisine où une chape en ciment teinté a été posée pour plus de commodité. Notre ancien marionnettiste peut maintenant commencer à tirer les ficelles.

    À l'entrée, il dispose une grande table rectangulaire éclairée par deux suspensions industrielles.Il réalise sur mesure un buffet à partir d'éléments glanés de-ci, de-là (vieux tiroirs, portes, planches de chantier), qu’il adosse au mur entièrement doublé de planches de bois brut. Reste le plus amusant : restituer l’ambiance d’une épicerie rétro avec ses accessoires typiques. Luc écume alors les brocantes : anciennes boîtes de conserves, carafes de bistrot, emballages de produits d'entretiens, plaques émaillées publicitaires, tout suscite sa convoitise. Les marques Chocolat Meunier ou Banania affichent aujourd’hui leurs couleurs vitaminées autour de la table du petit déjeuner et les hôtes de la maison se plongent avec délectation dans tous ces souvenirs.

    Une accumulation de bols, d'ustensiles de cuisine, de bouteilles de lait, de boîtes de gâteaux, crée une ambiance réjouissante. En contrebas, le coin salon est orné dans le même esprit brocante avec des affiches d’époque, un vieux transistor et un mobilier à base de récup. Il s’ouvre sur un jardin de curé agrémenté de buis et de plantes aromatiques. Cinq chambres, spacieuses, sont desservies par un escalier indépendant, dont deux suites, avec salle de bains. De délicats tissus et des objets insolites constituent autant de tableaux différents, toujours teintés d’une douce nostalgie. Ici, Luc continue à faire les délices de son public d’autrefois, des enfants devenus grands.

    Reportage réalisé par Virginie Manivet. Photos Antoine Baralhé
    Campagne Décoration N°59 Sept-Oct 2009

    Articles sur le même thème...

    REPORTAGES

    Déco slave dans une maison de l'Oise

    Des couleurs vives, des fourrures et des étoffes chatoyantes ont investi le décor sage d'une ancienne maison...  Lire

    REPORTAGES

    Une maison du Vaucluse décorée pour Noël

    Réjane adore décembre à l'Isle-sur-la-Sorgue. Dans sa maison du XVIIe, elle réveille le Noël provençal sous...  Lire

    REPORTAGES

    Déco vintage et camaïeu de blancs

    Dans une ancienne imprimerie, qu'elle convoitait depuis longtemps, Lynda Gardener a laissé libre cours à sa...  Lire

    Rechercher RECHERCHER

    dans :

    S'ABONNER

    Campagne Décoration n°73

    Dans ce numéro de janvier/février, on s'engouffre dans des maisons chaleureuses, accueillantes et rayonnantes... pour mieux affronter l'hiver.

    Facebook

    beauxjardins_MJMM

    Côté brocantes...

    Collectionneur d'ustensiles de cuisine anciens...

    René-Marc Robert se partage entre deux amours : la gastronomie et les ustensiles de cuisine anciens. Il les a...  Lire

    Des cuisines miniatures

    Les dînettes nous plongent dans l'enfance. Hervé en a constellé son salon de thé. Jeu et réalité sont si...  Lire

    Un jardinier qui collectionne les arrosoirs

    Autrefois appelé "chantepleure" car il pleure de l'eau, l'arrosoir est l'objet culte du fleuriste Bruno...  Lire