L’esprit brocante inspirent les cuisinistes et les meubles à l’ancienne retrouvent leur charme fonctionnel.
Rompre avec l’uniformité et jouer avec la fantaisie en surfant sur les meubles dépareillés, ouverts et déstructurés, c’est le nouveau credo des cuisines qui offrent de nouvelles déclinaisons rustiques, conjuguant avec talent nostalgie et modernité. En aurait-on soupé de la cuisine toute lisse, sans âme, où tout est caché, où rien n’est accroché ? Voilà que l’on redécouvre avec bonheur les rangements ouverts avec paniers, les barres qui accueillent moult objets, les meubles qui évoquent le garde-manger de nos aïeules. Cette pièce qui n’était que technique redevient vivante, emblématique de la nostalgie de la cuisine paysanne rassemblant la maisonnée autour d’une grande table.
Bonne nouvelle, les cuisinistes nous replongent dans nos souvenirs d’enfance, réinvestissant la tradition dans un esprit brocante qui donne au lieu un style très personnel, à l’opposé de la cuisine labo aseptisée. Ce rustique revisité fait la part belle au bois massif, souvent vieilli artificiellement, comme dans la collection « Brocante » de Sagne, mais aussi patiné, coloré ou cérusé. De nouveaux effets qui habillent des compositions déstructurées et aérées, multipliant les décrochements de hauteurs et profondeurs . Parfois un meuble a une existence propre, balayant totalement la rigueur des alignements voués aux traditionnels linéaires : là, un vaisselier, là, un billot ou un meuble sur évier... Autant d’éléments que l’on trouve dans les catalogues ou que l’on peut chiner à son gré pour exprimer sa créativité.
Il déserte le salon pour prendre une place de choix dans la cuisine et devient un élément appréciable de rangement et de charme. Vaisselier ouvert (ligne « Magellan » de Mobalpa), équipé de corbeilles et de casiers à bouteilles (Alno) ou vitré, il met en valeur la vaisselle qui n’est plus reléguée derrière les placards. Autre variante, les meubles vitrines avec petit bois et pilastre que l’on accroche au mur pour réchauffer les linéaires ou que l’on pose sur un grand plan de travail.
Grand revenant, le meuble comptoir à étagères ouvertes dotées de paniers que l’on peut installer à la façon d’un îlot ou le long d’un mur. Il peut même faire office de coin repas, évoquant les tables de ferme quand il est flanqué de deux bancs (Sagne) ou quand il s’inspire d’une table de drapier (« Héritage » de Xavie’Z). Dans cet esprit, on fait la part belle aux inspirations de meubles de métier avec poignées coquille ou style étiquette de mercerie (Pérène, Philippe).
Royale occupante des cuisines à l’ancienne et jouant la partition du non intégré, la cuisinière apporte la vraie touche d’authenticité et de terroir. Les pianos de chef, superbement carrossés, signent le décor et offrent une technologie digne des pros : habillage en tôle épais, accessoires en laiton massif, brûleurs puissants, fameuse plaque « coup de feu », grands fours et accessoires pointus (barbecue, wok, bain-marie, friteuse). Sans oublier une belle palette de coloris (Godin, Lacanche, Aga).
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